AI Act : les obligations concrètes pour les PME françaises

L'AI Act européen est officiellement entré en vigueur en août 2024, avec une montée en charge progressive jusqu'en 2027. Il ne concerne pas uniquement les grands groupes technologiques qui développent des LLM : il s'applique aussi aux PME qui déploient ou utilisent des systèmes IA dans leur activité.
La logique de l'AI Act : une approche par le risque
Risque inacceptable
Interdit. Manipulation subliminale, notation sociale, reconnaissance faciale en temps réel dans les espaces publics. Ne déployez jamais ces systèmes.
Risque élevé
Systèmes utilisés dans le recrutement, le crédit, les décisions d'immigration, l'éducation, les infrastructures critiques. Obligations très strictes.
Risque limité
Chatbots, systèmes de génération de contenu. Obligations de transparence : informer les utilisateurs qu'ils interagissent avec une IA.
Risque minimal
Filtres anti-spam, recommandations de contenu. Aucune obligation spécifique au-delà du droit commun.
Êtes-vous "fournisseur" ou "déployeur" ?
Fournisseur
Vous développez et mettez sur le marché un système IA vendu à des tiers. Obligations les plus lourdes : documentation technique complète, enregistrement dans la base de données de l'UE, marquage CE pour les systèmes à risque élevé.
Déployeur
Vous utilisez un système IA fourni par un tiers dans votre activité. C'est le cas de la grande majorité des PME. Les obligations sont allégées mais réelles.
Obligations concrètes pour les PME déployeuses
Pour les systèmes IA à risque élevé (tri de CV, évaluation de solvabilité…)
- —Utiliser le système uniquement conformément aux instructions du fournisseur.
- —Maintenir une surveillance humaine appropriée.
- —Effectuer une analyse d'impact sur les droits fondamentaux avant déploiement.
- —Informer les personnes concernées qu'elles font l'objet d'une décision automatisée.
- —Signaler les incidents graves à la CNIL.
Le calendrier de mise en conformité
Sanctions : jusqu'à 35 M€ ou 7 % du CA mondial pour les violations les plus graves. Pour les manquements aux obligations des systèmes à risque élevé : jusqu'à 15 M€ ou 3 % du CA.
L'AI Act n'est pas une contrainte insurmontable pour les PME. Pour la majorité d'entre elles qui utilisent des outils IA à risque limité ou minimal, les obligations se résument à de la transparence et de la documentation. L'essentiel est de commencer à documenter maintenant, avant que les autorités de contrôle ne soient pleinement opérationnelles.